Écarts de taux d'activité H/F : un manque à gagner pour l'économie mondiale

De nos jours, les femmes à travers le monde sont plus instruites que jamais. L'accès des femmes à l'éducation a fait l'objet de nombreux combats politiques et d'initiatives civiles, et constitue aujourd'hui un véritable acquis socio-culturel dans différents pays. En résultat, les femmes ont réalisé des avancées considérables en matière de réussite scolaire et d'excellence académique. Toutefois, cette évolution ne s'est pas traduite par une amélioration comparable de leur situation au travail. Comparées aux hommes, les femmes sont plus menacées par le chômage, intègrent plus difficilement le marché de l'emploi et travaillent généralement dans des conditions moins confortables.

 

La suppression des inégalités : un combat encore à mener

 

Selon le HCP (Haut Commissariat au Plan), le taux d’emploi de la population active féminine au Maroc avoisine les 24,8 %, soit l’un des plus faibles au monde. Ceci dit, à peine le quart des Marocaines contribue à la création de la richesse dans le pays. En raison de l’amélioration du taux de scolarisation des filles, ce taux est en recul depuis plusieurs années.

Toutefois, des défis comme l'employabilité des femmes, les conditions de travail, les écarts de salaires et les inégalités d'accès aux postes de responsabilité touchent à la fois les pays des développés comme ceux en développement. Ces problématiques, dont l'intensité varie de pays à l'autre, constituent une entrave à la croissance mondiale.

 

En effet, dans son dernier rapport datant de 2016, l’Organisation internationale du travail (OIT) estime à 24 % l'écart salarial entre les femmes et les hommes dans le monde. Autrement dit, les femmes perçoivent en moyenne 77 % de la rémunération des hommes. Cette situation inégalitaire s'explique, notamment, par la sous-évaluation du travail accompli par les femmes et des compétences requises dans les professions ou les secteurs dominés par les femmes. S'ajoutent à cela les pratiques discriminatoires, ainsi que les pauses ou ruptures de carrière que peuvent occasionner les phases de maternité.

 

Un leadership toujours au masculin

 

En entreprise comme en politique, les postes les plus hiérarchiquement élevés sont encore plus difficiles à atteindre pour les femmes. Seuls 7 des 150 chefs d'État élus dans le monde sont des femmes et seulement 11 des 192 chefs de gouvernement. La situation est similaire dans le secteur privé : des femmes siègent à la plupart des conseils d'administration de grandes entreprises, mais leur nombre reste faible comparé à celui des hommes. Ce constat prouve l'existence d'un "plafond de verre" limitant l’accès des femmes aux postes de direction dans les entreprises privées.

 

En conclusion

 

Les femmes représentent la moitié du potentiel de l'humanité. Pour le libérer, il faut qu'elles puissent accéder à un travail décent, rémunéré à sa juste valeur et dans de bonnes conditions. Si les femmes jouaient un rôle identique à celui des hommes sur les marchés du travail, on pourrait ajouter, selon McKinsey Global Institute, jusqu’à 28 000 milliards de dollars, soit un pourcentage de 26 %, au produit intérieur brut annuel mondial d’ici 2025.