La crise sanitaire de la COVID 19, quels apprentissages ?

Alors que le monde a sombré dans une psychose générale liée au déferlement de cas de la covid-19, chercheurs, scientifiques et journalistes ont chacun proposé une vision du monde d’après crise. La pandémie a eu un effet de choc sur plusieurs niveaux et a impacté aussi bien les systèmes microéconomiques que macroéconomiques. L’économique frappant à la porte du social, ce dernier n’a pas échappé à la règle et l’impact de la crise y a battu son plein. Des changements de taille ont alors rapidement été mis en place et ont laissé entrevoir une refonte totale de la conjoncture existante. Pendant cette phase de transition que nous vivons, les choses paraissent en cours de retour à la « normale » et semblent guider les économies vers un come-back à l’apparence inévitable.

Cette expérience nous a-t-elle finalement appris quelque chose et est-t-elle arrivée à changer l’imaginaire collectif ?  

 

Chamboulés par l’événement lié à la propagation de la Covid-19, les états, les entreprises et les individus se sont tous mobilisés pour continuer leurs activités alors que la majorité des citoyens étaient en confinement. L’objectif était alors de garantir la sécurité des individus, de respecter les exigences réglementaires imposées par les autorités des pays et de continuer l’activité quand ces dernières le permettaient. Une grande proportion d’entreprises a donc instauré le télétravail. Les universités et les écoles sont passées au e-learning. Les cafés, les restaurants, les salons de coiffure et autres endroits qui connaissent des rassemblements ont été contraints de fermer et les ménages devaient s’organiser pour limiter leurs déplacements au strict nécessaire. Tout cela a changé des habitudes de travail, de consommation et de vie en générale. Toutes ces transformations n’ont pas tardé à déclencher un retour de manivelle sur le plan social mais ont également été à l’origine de propositions pour le moins ingénieuses quant au devenir du système économique et au monde d’après crise.

La crise sanitaire a pu nourrir l’esprit collectif de valeurs de solidarité et de cohésion sociale. Elle a ouvert le champ à la discussion sur la valorisation du capital humain et a accéléré la mise en place de procédures et de méthodes de travail, autrefois considérées comme inimaginables ou difficilement implantables. Petit à petit, les commerces ont rouverts leurs portes et les individus ont été autorisés à sortir en respectant certaines mesures sanitaires. Ainsi, le risque lié à la maladie s’évapore graduellement, vient gommer la peur initialement instaurée et laisse place à un sentiment de liberté voire même de délivrance.

Mais avons-nous déjà oublié la nécessité de valoriser le capital humain, d’être solidaires, de se préoccuper du devenir de notre planète, de bâtir un système plus équitable et de travailler ensemble, main dans la main, pour permettre à tout un chacun de disposer d’une vie digne ? Ne devions-nous pas avoir appris la leçon ? Celle de la nécessité d’instruire les populations, celle du devoir d’un discours honnête ? Celle du respect de la vie de tous les citoyens quels qu’ils soient ? Comment oublier, alors que la crise n’est toujours pas derrière nous ? Comment oublier que la santé de l’humanité entière a été mise en danger par un virus ? Comment oublier le travail acharné de millions de citoyens (personnel soignant, forces de l’ordre, ingénieurs, entrepreneurs, agents de propreté,…etc) ayant été contraints de travailler d’arrache pieds pour combattre les effets dévastateurs de la pandémie ?

 

Si la pandémie de la Covid-19 n’a pas réellement chamboulé ou du moins remis le bon sens collectif sur les rails, il y’a lieu de dire que nous avons échoué à apprendre la leçon.

L’instauration d’une nouvelle dynamique de travail et de production est toujours possible si nous tirons les bonnes leçons de cette pandémie. Il est de notre devoir aujourd’hui de capitaliser sur cette expérience et de reconstruire un monde basé sur les valeurs de l’engagement et de la solidarité. Nous avons peut-être gagné une bataille, mais nous devons également œuvrer pour en gagner une autre, plus importante, celle du développement de notre pays.

 

Pr. Bahi Slaoui Chaimae