Loi de Finances 2026 : réformes fiscales et lutte contre l’informel
Dans un contexte marqué par des mutations économiques profondes, la Loi de Finances 2026 s’impose comme un levier stratégique de transformation du système fiscal marocain. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le quatrième et dernier webinaire du cycle dédié à l’analyse de la Loi de Finances 2026, organisé par SSK Business School, à l’occasion du lancement de la 7e promotion du MBA Finances et Ingénierie Financière.
Ce webinaire de clôture, consacré aux réformes fiscales et à la lutte contre l’économie informelle, a réuni universitaires, professionnels et acteurs économiques autour d’un enjeu central : comment moderniser la fiscalité tout en préservant l’équité, la compétitivité des entreprises et la cohésion sociale ?
1) L’économie informelle : une réalité multidimensionnelle
L’économie informelle représente aujourd’hui l’un des principaux défis structurels de l’économie marocaine. Selon plusieurs estimations évoquées lors du webinaire, elle pourrait représenter jusqu’à un tiers du PIB national, mobilisant plusieurs millions de travailleurs, principalement dans le commerce, les services et le BTP.
Au-delà des chiffres, les échanges ont insisté sur le caractère multidimensionnel de l’informel. Il ne s’agit pas uniquement d’activités illicites, mais aussi de pratiques hybrides, parfois exercées par des acteurs partiellement intégrés au système formel. Cette réalité limite l’assiette fiscale, fragilise la protection sociale et alimente une concurrence déloyale vis-à-vis des entreprises structurées.
2) Le dilemme formel / informel : un équilibre délicat
L’un des temps forts du webinaire a porté sur l’équilibre à trouver entre l’objectif de mobilisation des recettes et la nécessité d’accompagner les acteurs économiques vers la formalisation. La fiscalité ne peut être pensée uniquement comme un instrument de collecte, mais aussi comme un levier de paix sociale et de régulation.
L’administration fiscale s’appuie notamment sur plusieurs critères pour identifier des situations d’informalité : défaut d’identification, non-respect des obligations déclaratives, absence de traçabilité des flux financiers et irrégularités de facturation. Dans le même temps, le webinaire a rappelé l’importance d’une approche graduée, distinguant l’informel de subsistance — lié à des contraintes socio-économiques — de l’informel structurel, générateur de fraude systémique.
3) Les mesures phares de la Loi de Finances 2026
Le dernier bloc du webinaire a permis de décrypter plusieurs dispositions clés introduites par la Loi de Finances 2026, visant à renforcer la traçabilité, sécuriser les recettes et encourager la formalisation :
Extension de la retenue à la source de la TVA : certaines grandes entreprises, banques et assurances sont mobilisées comme tiers collecteurs sur des prestations de services, afin de réduire les risques de non-déclaration.
Généralisation progressive de la facturation électronique : la digitalisation des échanges fiscaux vise un meilleur recoupement des données, une détection plus rapide des anomalies et une relation plus transparente entre contribuables et administration.
Encadrement des paiements en espèces : les opérations réglées en cash au-delà de seuils déterminés peuvent entraîner des majorations (notamment en matière de droits d’enregistrement), afin de favoriser la traçabilité bancaire.
Auto-liquidation de la TVA dans certains secteurs : l’extension de ce mécanisme, notamment au recyclage, cherche à sécuriser l’assiette fiscale tout en intégrant progressivement des acteurs informels au circuit formel.
Mesures d’incitation et régimes adaptés : des dispositifs restent orientés vers la progressivité et l’intégration, afin de ne pas fragiliser les petites activités à faible capacité contributive.
4) Vers une fiscalité plus équitable et inclusive
Au-delà des mesures techniques, la réussite de la réforme repose sur la confiance : confiance entre l’administration et les contribuables, confiance des entreprises dans un système plus lisible, et confiance du citoyen dans l’équité de l’effort fiscal. La Loi de Finances 2026 ne vise pas à éradiquer l’informel en une seule étape ; elle pose toutefois des bases renforcées pour une modernisation progressive, digitalisée et plus inclusive.
5) Un cycle de webinaires au service du débat public
Ce quatrième webinaire vient clôturer un cycle de quatre rencontres ayant permis d’analyser les grands axes de la Loi de Finances 2026. À travers ces échanges, SSK Business School réaffirme son rôle d’acteur académique engagé dans la diffusion du savoir et l’éclairage des enjeux économiques nationaux.
Les enregistrements de l’ensemble des webinaires sont disponibles sur la page LinkedIn de SSK Business School.